Culture du melon et de la pastèque

MELON et PASTEQUE

 

 

Spécificités de la nutrition hydrique et minérale :

Cas de la culture de melon:

 

Le melon est exigent en sol bien drainant, de texture moyenne, bien travaillé en profondeur. Il est sensible à la salinité et aux carences en Mg, Mn, Fe et Mo. La demande de la plante en éléments nutritifs est accélérée à la nouaison. Pour un rendement de 40 T/ha, le melon exporte les quantités suivantes: 250 kg/ha de N + 140 kg/ha de P2O5 + 400 kg/ha de K2O + 400 kg/ha de CaO + 80 kg/ha de MgO. De grandes anomalies de floraison (mâle et femelle) et de nouaison apparaissent en cas de mauvaise alimentation azotée, phosphatée, potassique et magnésique. La potasse améliore la qualité des fruits (taux de sucre, calibre, résistance au transport). L'alimentation hydrique doit être uniforme pour le melon, sans à-coups. On irrigue à 100 % ETM le long du cycle cultural; tous les stades sont critiques: mi croissance, floraison, nouaison et grossissement. En général, on calcule la dose d'irrigation en se basant sur un coefficient cultural constant (Kc= 0,75), qu'on multiplie par l'évapor- transpiration de référence Et° de chaque jour.

La fertilisation de la culture doit être raisonnée en prenant en considération le fait que la croissance végétative, la formation des racines et des ramifications peuvent avoir lieu en même temps que la floraison, nouaison, fructification et grossissement des fruits. Une mauvaise alimentation de la culture en eau et en éléments nutritifs risque de déséquilibrer la plante qui réagit, soit par une coulure de ses fleurs, soit par avortement de ses fruits, soit par une autre anomalie de grossissement ou de maturation des fruits.

Cas de la culture de pastèque:

 

La pastèque est moins exigeante en eau que le melon, mais la production n'exprime ses potentialités maxima qu'avec 11 ou 12 irrigations par cycle cultural ; le pic d'exigence en eau se situe entre la 3 ème et la 7 ème décade après semis ; celui-ci est direct, en poquets ; la plante ne tolère pas la transplantation à racines nues. La culture tolère l'acidité (pH 5-6,8) et exige un travail profond de sol, pouvant permettre aux racines d'explorer un volume de sol de plus d'un mètre de diamètre. Plus le système radiculaire est profond et ramifié, plus la plante tolère la sécheresse, en particulier en période post florale.

Pour une production de 60-70 T/ha, la culture exporte kg/ha de N ; kg/ha de P2O5 ; kg/ha de K2O ;

Echantillonnage du sol :

 

Avant de fertiliser un sol, il est recommandé d'en prélever des échantillons représentatifs et de les envoyer à un laboratoire spécialisé pour les analyser et déterminer les réserves nutritives qu'ils contiennent, la fertilité du sol et les anomalies alimentaires susceptibles de gêner la nutrition de la culture. Un échantillon mal prélevé ou non représentatif sera interprété selon les résultats de l'analyse qui risquent de ne pas refléter la réalité du terrain. Il est donc recommandé de laisser le soin aux techniciens spécialistes pour faire le prélèvement du sol.

La procédure est grossièrement la suivante: on fait une cartographie générale du sol afin de déterminer les différentes zones du terrain. Ces zones sont généralement connues par l'exploitant. En marchant sur le terrain, un connaisseur sent les différences entre ces zones. Chaque zone fera l'objet d'un prélèvement indépendant d'une autre zone. Selon sa taille, un à deux échantillons doivent suffire pour représenter la zone. Chaque échantillon fera l'objet d'une dizaine de prélèvements, effectués à différents endroits choisis au hasard et à différentes profondeurs du sol. Ces profondeurs dépendent de la nature de la culture. Pour le melon, une profondeur de 30 cm suffit. Pour la pastèque, on fait des prélèvements sur une profondeur de sol de 40-60 cm. On mélange ensuite les prélèvements dans une grande bassine et on en prélève une quantité de 1 kg de sol; c'est le premier échantillon. On refait la même chose pour former le 2ème échantillon. Puis on passe à la zone suivante et ainsi de suite jusqu'à ce que le terrain soit entièrement représenté. On prend le soin de mettre une étiquette à l'intérieur du sachet plastique qui contient l'échantillon de 1 kg de sol. Une autre étiquette est collée à la surface du sachet. Un croquis des zones du terrain doit être fait, en représentant les points des prélèvements et les numéros des échantillons qui correspondent aux zones du terrain. En général, les résultats des analyses des répétitions par zone doivent se ressembler sinon, il y a certainement une erreur, soit de prélèvement, soit de marquage sur le croquis, soit, mais rarement, de l'analyse chimique. Il est recommandé de faire le minimum de zones sur une parcelle donnée afin de faciliter l'élaboration des plans de fumures ; l'idéal est d'arriver à l'élaboration d'un seul plan de fumure par parcelle.

Interprétation générale des analyses de sol :

Granulométrie et teneur du sol en calcaire:

 

Elle est indispensable pour apprécier et interpréter la plupart des données des analyses. La répartition granulométrique de la terre fine permet de classer les sols en argiles, limons et sables. Différents qualificatifs peuvent être ajoutés, exemple: sol argilo- limoneux calcaire (si le sol contient 700 g/kg de limon + 300 g/kg d'argile, avec un dosage de 5 à 30 % de calcaire total). Un sol qui dose moins de 5 % de CaCO3 n'est pas calcaire. S'il en dose plus de 10 %, il est calcaire; il faut analyser alors le taux de calcaire actif.

Plus le sol est calcaire, plus l'absorption du fer et du manganèse est inhibée (jaunissement des feuilles et nécrose). Il y a de grandes différences de tolérance au calcaire entre cultures: le fraisier n'est pas tolérant ; son seuil maximal de tolérance est de 70 g CaCO3/kg de sol, soit 7 %; l'artichaut tolère plus de 150 g de CaCO3/kg de sol, soit plus de 15 % ; le melon présente une faible tolérance de moins de 10 %. La pastèque tolère encore moins le calcaire que le melon ; il vaut mieux éviter la culture de pastèque sur un terrain calcaire.

Le pH (potentiel hydrogène ; acidité ou alcalinité du sol):

 

Pour les sols cultivés, le pH est compris entre 4 (très acide) et 9 (très alcalin). Le laboratoire donne deux pH: à eau et à KCl. Ce dernier est toujours inférieur au premier. Dans les sols très acides, la différence est de 1 unité (exemple: pH eau = 5,5; pH KCl = 4,5). En général, il y a 0,5 unité de différence entre les 2 pH. Si l'écart entre les 2 pH est inférieur à 0,5, il faut se méfier de la salinité; le sol contient alors une grande quantité d'éléments solubles. Les pH trop élevés doivent être réduits par des apports de soufre (1-2 q de S/ha) lors de la culture. Des pH trop bas doivent être corrigés par des apports de chaux et amendements calciques et magnésiens. Le melon et la pastèque n'exigent pas de tels apports de chaux, en général. En cas de pH très bas et de faibles teneurs du sol en Calcium (moins de 5000 ppm Ca++), le risque de nécrose apicale est élevé sur les fruits ; il est alors recommandé de faire deux à trois pulvérisations foliaires de calcium (nitrate de calcium 5% ; Ret- Ca ou autre produit riche en calcium).

La salinité:

 

C'est la quantité de sels minéraux qui se trouvent dissous dans la solution de sol. La salinité varie avec la teneur en eau d'un sol et avec la température. Un sol sec (avec une même quantité de sel) est plus salin qu'un sol humide (sel dilué). A froid, les ions ne se déplacent pas aussi rapidement en solution de sol qu'à haute température. Dans un milieu chaud, le risque de salinité est plus élevé qu'en milieu froid. Au laboratoire, les mesures se font à 20 °C. On mesure la résistivité ou la conductivité de la solution: plus la salinité est élevée, plus la solution conduit l'électricité, plus la conductivité électrique (EC) est élevée. Pour les mesures, on utilise les unités suivantes: g de sels/litre d'eau ou de solution de sol diluée au 1/5 ème ; dS/m (désiemens/mètre) = mmhos/cm (millimohs/cm). La relation entre le millimohs/cm et le g/l dépend de la nature du sel. Pour le NaCl, par exemple, 1 millimohs/cm = 0,6 g/l ; pour un mélange de sels, 1 millimohs/cm = 0,8 à 0,9 g/l. Un sol sableux contient beaucoup moins d'eau à sa capacité au champ qu'un sol argileux; une EC de 1 mmhos/cm présente déjà un risque pour un sol léger alors qu'elle ne présente aucun problème pour un sol argileux. La matière organique augmente la capacité au champ d'un sol. Plus la MO d'un sol est élevée, plus ses réserves en eau augmentent, plus le risque de salinité est affaibli par dilution.

Rapports souhaités entre K, Ca et Mg du sol:

Effet du calcaire :

 

Le calcaire réduit la disponibilité de la potasse et de la magnésie aux plantes. En présence du calcaire, il est recommandé de majorer les apports de potasse et de Mg. De même, l'argile fixe le potassium et le rend moins disponible aux plantes. Plus le sol est argileux, plus l'apport de K doit être majoré.

En terre calcaire, il est souhaitable que la teneur du sol soit de l'ordre de 10 mg K2O/ % d'argile, exemple: un sol de 25 % d'argile, doit contenir 10 x 25= 250 mg K2O/kg= 250 ppm K2O. Un tel sol calcaire qui contient 250 ppm de K2O est bien pourvu en cet élément; il est recommandé de ne pas y faire d'apport potassique pour le redressement de sa fertilité ; on le fera pour restituer les exportations minérales de la culture.

En terre non calcaire, la teneur souhaitable de K2O dans le sol doit être de l'ordre de 7 mg par pourcentage d'argile (exemple: un sol de 25 % d'argile, doit contenir 25 x 7= 175 ppm K2O (mg par kg de terre sèche)

Effet de Mg :

 

La teneur du sol en Mg doit être en équilibre avec celle du potassium. Si la teneur du sol en potasse est normale, celle en Mg sera jugée selon le rapport K2O/MgO qui doit être de 0,33 à 1 (pour chaque unité de K2O, un sol équilibré doit doser 1 à 3 unités de MgO). Un sol qui contient 100 ppm K2O, par exemple, serait équilibré s'il contient aussi 100 à 300 ppm MgO. Un rapport plus faible que 0,33 signifie un excès en Mg; cet excès risque de bloquer l'absorption de K et de Ca par les plantes. Il faut alors majorer les apports potassiques et calciques. Un rapport plus élevé que 1 signifie une carence induite en Mg. Il faut alors majorer l'apport de Magnésium. Lorsque le calcul donne une forte quantité de K2O ou de MgO à apporter pour corriger l'équilibre, il est préférable de limiter l'apport afin qu'il soit économiquement tolérable par la trésorerie de l'exploitant et de procéder à l'apport de l'élément déficitaire par deux ou trois pulvérisations foliaires.

Effet de Ca :

 

La teneur optimale du sol en CaO est de l'ordre de 5000 à 7000 ppm pour les cultures maraîchères. Une teneur inférieure à 5000 ppm CaO provoque un désordre physiologique comme la nécrose apicale de la tomate, melon ou pastèque, par exemple. Une teneur supérieure à 7000 ppm CaO doit être interprétée par rapport aux teneurs du sol en K2O et MgO. Pour des teneurs normales du sol en K et Mg, la teneur en Ca sera jugée selon le rapport MgO/CaO qui doit être de 0,08 à 0,1 (pour 1 unité de MgO, le sol doit contenir 10 à 12 unités de CaO). Un rapport inférieur à 0,08 signifie un excès en Ca ; il faut alors corriger le sol en majorant les apports en K et Mg. Un rapport supérieur à 0,1 signifie une carence induite en Ca, à corriger soit par un apport de chaux au sol s'il n'est pas calcaire soit par des pulvérisations foliaires à base de calcium si le sol est calcaire.

Considération sociale et économique :

 

Le contexte social de l'exploitation doit être pris en considération lors du raisonnement des plans de fumures. En effet, on ne recommande pas à un exploitant de redresser la fertilité de son terrain d'un faible niveau à un niveau relativement élevé en une seule année, surtout si le terrain ne lui appartient pas et n'est qu'un terrain de location, par exemple. Le redressement de la fertilité du sol prendra aussi en considération le degré d'intensification de la culture ; on peut se permettre de proposer de bien relever cette fertilité pour une culture sous serre puisque le coût supplémentaire des engrais ne représente pas une part élevée des charges, mais pour une culture de saison, de plein champ, de faibles productivité et revenu, toute élévation des coûts des intrants marque une augmentation sensible du coût de production sans qu'elle ne soit certainement suivie d'une amélioration du revenu qui dépend plutôt de facteurs commerciaux, non techniques. Par conséquent, il n'est pas recommandé de relever fortement la fertilité du sol dans des conditions de faible intensification culturale.

Teneur en phosphore:

 

La teneur souhaitable, en général, est de l'ordre de 70 mg P2O5/kg de terre sèche. Pour les cultures de saison, de plein champ, peu intensives, on se contente d'une teneur de 50-60 ppm P2O5; c'est le cas du haricot vert, melon, pastèque, concombre et pomme de terre. Pour les cultures relativement plus intensives, de cycle biologique plus long, la teneur souhaitable est de l'ordre de 70-80 ppm P2O5 ; c'est le cas de la tomate, du poivron et de l'aubergine. Pour les cultures de primeurs, sous protection plastique, la teneur souhaitable de P2O5 doit être relativement plus élevée : 70 ppm P2O5 (melon, pastèque et concombre) à 100 ppm P2O5 (tomate).

Exemples de calcul des fumures :

A- Cas d'un sol T:

 

Pour le melon et pour une production de 40 T/ha, les besoins en N, P2O5 et K2O s'élèvent respectivement à 300, 140 et 400 kg/ha.

L'analyse de sol d'une exploitation donne les teneurs suivantes: 20 % d'argile, 18 % de calcaire, 7 % de calcaire actif, pH 8, EC 0,5 dS/m , 2 % de MO, 20 ppm P, 250 ppm K, 300 ppm Mg et 2000 ppm Ca. L'exploitant n'apportera pas d'amendement organique. La culture de melon est conduite en plein champ, en saison normale.

* MO: pour le melon, la teneur satisfaisante est de 2,5 % MO. La teneur actuelle du sol en MO est donc légèrement faible (2%); il est recommandé de majorer les apports de N par 10 kg/ha pour chaque 0,1% MO de moins par rapport à la norme, soit 50 Kg N/ha pour un taux de MO de 2%. Les prélèvements par la culture, s'élevant à 300 kg N/ha, seront donc à majorer par 50, soit un apport nécessaire de 300 + 50=350 kg N/ha. Si l'agriculteur apporte une fumure organique, il faut estimer les quantités des éléments nutritifs qui seront libérées la première année par cette fumure et les retrancher des apports.

* P2O5: Le sol contient 20 ppm P, soit 2,29 x 20 = 45,8 ppm P2O5. La norme est de 60 ppm P2O5 pour une culture de saison, en sol calcaire. Il faut redresser la fertilité phosphatée du sol de (60 – 45,8) = 14,2 ppm, soit 14,2 kg de P2O5 par 1000 Tonnes de sol, soit 14,2 x 3 = 42,6 Kg P2O5/ 3000 T de sol (si le sol pèse 3000 T/ha sur une profondeur de 25 cm), soit 42,6 Kg P2O5/ha. Les exportations de la culture, s'élevant à 140 kg P2O5, seront majorées de 42,6 Kg P2O5 ; le total à apporter = 140 + 42,6=182,6, arrondis à 180 kg/ha de P2O5.

* K2O: Le sol dose 250 ppm K, soit 1,2 x 250 = 300 ppm K20; l'optimum est de 200 ppm (10 mg x 20 % d'argile, en sol calcaire). Il y a donc un excès de 100 ppm = 100 x 3 = 300 kg K2O/ha. Les besoins de la culture étant de 400 kg K2O/ha, l'apport = 400-300= 100 kg K2O/ha.

* MgO: la teneur de 300 ppm Mg (300 x 1,67 = 500 ppm MgO) semble être normale et le sol semble être équilibré puisque le rapport K2O/MgO= 300/500= 0,6 (compris entre 0,33 et 1). Aucun apport de MgO n'est obligatoire.

* CaO: La teneur de 2000 ppm Ca (1,4 x 2000 = 2800 ppm CaO) semble être faible puisque la norme est de 6000 ppm CaO et le rapport souhaitable MgO/CaO doit être égal à (0,08 à 0,1). Ce rapport est plutôt égal à 500/2800= 0,18. Puisque la teneur en Mg est normale, c'est la teneur en Ca qui est faible. Il est recommandé de faire deux à trois pulvérisations foliaires à base de calcium (nitrate de calcium, par exemple, en période post florale fort exigeante en Ca). Le sol étant calcaire, on ne peut pas recommander un apport de chaux au sol.

Les apports par ha seront donc de:

350 kg N + 180 kg P2O5 + 100 kg K2O + 2 à 3 pulvérisations foliaires Ca.

 

B- Cas d'un sol M:

 

L'analyse de sol d'une exploitation donne les teneurs suivantes: 52 % d'argile, 2 % de calcaire total, pH 8, EC 0,1 dS/m, 1,7 % MO, 5 ppm P, 95 ppm K, 550 ppm Mg et 2680 ppm Ca. L'exploitant n'apportera pas d'amendement organique et conduit sa culture de melon sous tunnels plastiques, en primeurs.

* MO: pour le melon, la teneur satisfaisante est de 2,5 % MO. La teneur actuelle du sol en MO (1,7 %) est donc faible; il est recommandé de majorer les apports de N par 80 kg/ha (10 Kg N pour chaque 0,1 % MO manquant par rapport à la norme de 2,5 % MO). Les prélèvements par la culture s'élèvent à 300 kg N/ha; ils sont à majorer par 80, soit un apport nécessaire de 300 + 80=380 kg N/ha.

* P2O5: Le sol en contient 5 ppm x 2,29 = 11,45 ppm P2O5. La norme est de 70 ppm pour le melon de primeur sous tunnels nantais. Il faut redresser la fertilité phosphatée du sol de (70 – 11,45 = 58,55 ppm P2O5), soit 58,55 x 3 kg P2O5= 175,65 kg P2O5/3000 T de sol/ha. Les exportations de la culture s'élèvent à 140 kg P2O5; le total à apporter = 140 + 175,65 = 315,65 arrondis à 315 kg/ha de P2O5.

* K2O: Le sol en dose 95 ppm x 1,2 = 114 ppm K2O; l'optimum pour le sol de Meknès est de 364 ppm (7 mg x 52 % d'argile, en sol non calcaire). Il y a donc un déficit de (364 – 114 = 250 ppm K20) = 250 x 3 = 750 kg K2O/ha. Les besoins de la culture étant de 400 kg K2O/ha, l'apport = 400 + 750= 1150 kg K2O/ha. Cette quantité semble être trop forte et trop chère pour un agriculteur ordinaire. Il est conseillé de faire le redressement de la fertilité potassique du sol en 3 ans, soit un apport annuel de 750/3 = 250 Kg K2O/ha/an. L'apport final lors de la première année sera donc de 400 + 250 = 650 Kg K2O/ha.

* MgO: la teneur de (550 ppm Mg x 1,67 = 918,5 ppm MgO) semble être excessive puisque la norme est (1 à 3 fois la teneur en K2O, soit 114 à 342 ppm MgO). Si l'on considère que le redressement de la fertilité potassique du sol est effectué (250 Kg K2O/ha/an, soit 250/3= 83 ppm K2O), la nouvelle teneur du sol en K2O serait de 114 + 83 = 197 ppm K2O; le taux souhaitable de MgO serait de 200 à 600 ppm MgO. Or, la teneur actuelle est de près de 920 ppm MgO ; elle est effectivement excessive. On s'attendra donc à des carences induites en potassium et en Calcium. Ces carences seront éventuellement corrigées par des pulvérisations foliaires en KNO3 et Ca(NO3)2.

* CaO: La teneur de (2680 ppm x 1,4 = 3752 ppm CaO) est faible puisque la norme est de 6000 ppm CaO et le rapport souhaitable MgO/CaO doit être de 0,08 à 0,1. Ce rapport est plutôt égal à 918,5/3752=0,24. La carence calcique est donc à la fois réelle et induite par l'excès de Mg. Puisque le pH du sol est élevé, il n'est pas recommandé de faire un redressement de fond du sol par un apport de chaux, mais plutôt un léger apport de nitrate de calcium (1 q/ha), en période post florale afin d'éviter la nécrose apicale des fruits.

Les apports par ha seront donc de:

380 kg N + 315 kg P2O5 +650 kg K2O + 100 Kg Ca(NO3)2

+ 2 pulvérisations foliaires KNO3.

 

Estimation des besoins en eau de la culture :

 

Le besoin en eau de la culture = ETM= Et° x Kc (coefficient cultural) ; Kc est supposé constant = 0,75 durant tout le cycle. Pour un cycle cultural de Février à Mai, le tableau suivant donne l'ETM de la culture pour les deux régions T et M:

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site